Savoir argumenter de Renée et Jean Simonet . Du dialogue au débat

 

Comment préparer sa stratégie d’argumentation et maîtriser des techniques de base pour convaincre l’autre dans une situation de communication?

Dans une société où la communication n’est pas toujours facile, où les points de vue divergents ne sont pas toujours pris en compte, préférant ainsi l’affrontement, la fuite, le rejet ou l’inhibition. Demandons-nous ce qu’il faudrait mettre en place pour que la parole de chacun puisse être prise en considération. Car c’est par l’échange et la confrontation des diverses opinions que nous pouvons avancer dans notre raisonnement respectif. L’autre n’est plus alors un ennemi potentiel ou un individu dont il faut à tout pris se méfier, mais il peut être aussi un partenaire permettant une communication constructive si tenter que nous ayons la bonne démarche à suivre et que chacun puisse accepter de débattre ou d’échanger.

 

Avant tout « pour qu’il y ait dialogue, il faut volonté de dialogue, c’est-à-dire attention à l’autre et confiance dans les valeurs de l’argumentation », disait Thomas Ferenczi.

 

Tout le monde n’a pas le même bagage face à la prise de parole et à l’art de communiquer. Développer sa pensée, prendre en compte l’opinion de l’autre sans le juger tout en affirmant aussi son opinion est une démarche incontournable dans une société démocratique comme la nôtre.

 

Alors comment faire quand on ne maîtrise pas l’argumentation ?

Voyons de plus près les différentes stratégies qui peuvent être mises en place et les procédés de raisonnement définis par Renée et Jean Simonet pour mieux argumenter.

 

Préparer sa stratégie d’argumentation

Il est nécessaire d’analyser avant tout la situation et de tenir compte de son public afin de s’adapter à lui. Plusieurs points sont à prendre en considération :

  • Repérer comment le sujet est concerné par le thème traité et son degré d’intérêt. Peut-il être acteur dans cet échange ?
  • Quel savoir a-t-il sur le sujet traité ?
  • Peut-il en apprendre plus par notre intermédiaire ? ou inversement.
  • Quels sont les objectifs de notre interlocuteur ? ses motivations ? ses résistances ?
  • A quel système d’influence participe-t-il ? Quelles sont ses croyances et ses positions idéologiques ? Quelles sont les nôtres ?
  • Quel est son système de valeur ? Est-il le même que le nôtre ?

 

Tout ceci nécessite une profonde tolérance dans l’échange avec autrui. Discuter, c’est prendre le risque et accepter éventuellement de modifier son propre système de penser mais aussi d’avoir la possibilité de modifier celui de notre interlocuteur si l’argumentation est convaincante et efficace.

  • Quel est son niveau culturel ? Le nôtre ?
  • Quel langage est-il susceptible de comprendre ?
  • Quelle représentation a-t-il de nous ? Et inversement.

 

Techniques de base pour convaincre l’autre

  • Des études psycho sociologiques ont démontré qu’il était favorable de partir toujours des points communs ou d’une vision commune, d’une entente entre les deux communicants. Cela évite les méfiances, les résistances à la communication. Il faut tirer partie de nos points de convergence pour créer un climat de respect réciproque, de différences et d’écoute et faire naître ainsi une demande.
  • L’induction : témoigner, relater des faits précis
  • L’explication : apporter une information en cherchant à la faisant comprendre, en la justifiant.
  • Le raisonnement causal, en tenant ainsi compte du lien entre effets et des causes.
  • Le recours au symbolique, pour transmettre des idées.
  • L’hypothèse : que se passerait-il si… ? Le questionnement est un grand atout dans l’échange. Il permet de développer et faire développer sa pensée et ainsi d’avancer dans l’argumentation de chacun.
  • La dialectique : intégrer le changement en sortant des modes de pensée ou de la logique traditionnelle. Cela nécessite de faire preuve d’une grande « souplesse communicationnelle ».
  • Le paradoxe : énoncer une opinion qui va à l’encontre des normes couramment admises ou paraît défier la logique car elle porte elle-même des aspects contradictoires.
  • La reformulation rogérienne qui consiste à reformuler les propos de l’autre, sans les déformer ou les infirmer et d’approfondir sa pensée.
  • Les références à des spécialistes, des intellectuels, des recherches sur lesquels s’appuyer pour étoffer et argumenter son propos.
  • Le contournement ou la négociation : oui, mais… Il est important de ne pas rompre le lien communicant afin que l’échange soit porteur.
  • La démarche co-active : il s’agit effectivement de s’apporter mutuellement.

 

Tout ceci nécessite d’anticiper en faisant preuve de créativité, vouloir apprendre de l’autre et ne pas redouter la transformation par l’échange et enfin faire une analyse critique de sa pratique d’argumentation afin de progresser dans ce domaine. Bien argumenter son propos permet de mieux définir à l’autre sa pensée et d’approfondir certains sujets.

Lire : Savoir argumenter de Renée et Jean Simonet, éd. D’organisation

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