La méthode ESPERE dans le contexte scolaire.

Une méthode transmissible, de Jacques Salomé.  

Quelques règles d’hygiène relationnelle à l’école.

 

Ses sujets de prédilection, nous l’avons vu précédemment, touchent à la communication interpersonnelle et intra personnelle.

Récemment promu Officier de l’Ordre National du Mérite, par le ministre de l’Education Nationale pour ses travaux sur la communication à l’école, il souhaite que la communication soit enseignée comme une matière reconnue à part entière et que l’espace de la vie quotidienne soit un lieu d’écoute et de réelle rencontre.

Il n’est pas rare de vivre ou d’être témoin en tant que parent, enseignant, éducateur ou enfant, de problèmes d’incommunication, de malentendus dans les échanges et d’affrontements relationnels.

 

Comment mieux communiquer à l’école ?

  • L’implication personnelle : parler à l’autre, c’est parler de soi, de sa déception au lieu de le disqualifier. Il s’agit ici d’exprimer ses émotions, son irritation et les difficultés que cela entraînent. Il faut choisir le « je » au lieu du « tu » qui dévalorise la relation.
  • Sortir du système question/ réponse : l’enseignant doit être à l’écoute de la réponse de l’élève, l’accueillir et s’appuyer dessus pour l’aider, construire ensemble le savoir en remettant en cause l’ancien schéma de pensée. Il doit aider l’élève à exprimer ses émotions. Les mots sont nécessaires pour communiquer, « pour mettre en commun ».

 

Les principaux outils de communication pouvant être utilisés en classe :

  • Le bâton de parole : celui qui l’a ne peut être interrompu et doit être écouté.
  • L’écharpe relationnelle : quand l’enseignant parle, il donne l’autre bout de l’écharpe à l’élève. Chacun est responsable de son bout. De plus ce qui est compris dans le message de l’autre ne correspond pas toujours à la volonté de son émetteur.
  • Il s’agit de faire avec l’enfant et non pour l’enfant. L’enseignant est là pour répondre aux besoins des enfants, pas au désir.

 

Quelle est la cause de cette violence ?

Dans l’enseignement, la qualité de la relation est tout aussi importante que la démarche de transmission, d’apprentissage ou de formation, nous explique Jacques Salomé. Les interrogations, les remises en cause de l’enseignant face à des élèves sont indéniables. Difficile d’enseigner face à des élèves qui entrent en compétition avec le savoir formel des enseignants, eux qui possèdent déjà des bribes de connaissances informelles, mélangées, voir chaotiques, connaissances qu’ils transforment quelquefois en croyances, qu’ils ont du mal à remettre en question.

De plus les enfants s’expriment assez facilement, de manière spontanée voir impulsive pour certains et remettent en question les représentations du pouvoir. Aujourd’hui, le seuil de frustration de l’enfant est bas. Ce sont, dit-il, les enfants du désir qui tentent d’imposer leur désir aux enseignants. Il est important alors que ce dernier se positionne plus fermement face à ces désirs, afin d’établir un cadre précis et structurant. Ils sont alors « coauteur de la relation de communication ». Le rapport d’exigence qui infantilise l’autre détruit la relation et est néfaste pour l’élève.

Celui-ci aura un comportement violent pour tenter de dire l’indicible, l’insupportable. Jacques Salomé utilise une expression claire pour définir son propos : «  quand il y a le silence des mots, se réveillent les maux. »

Par une écoute centrée et ouverte, l’enseignant doit entendre ce qui se cachent derrière les mots/ maux de l’enfant. Il est nécessaire face à l’agressivité reçu, de gérer le contre- transfert, prendre du recul et ne répondre ni par la séduction, ni par l’agression. Il ne doit avoir aucun jugement de valeur envers l’élève.

 

Pour un enseignement de communication à l’école.

« L’école ne doit plus se contenter de  savoir faire, mais doit apporter  des savoir être, des savoir créer et des savoir devenir », nous dit Jacques Salomé. Cela passe par la communication à l’école pour enrayer la violence, l’appauvrissement de la relation. Il rajoute que communiquer, c’est mettre en commun aussi bien tout ce qui ne va pas que ce qui va bien. Il vaut mieux exprimer une demande plutôt que le reproche ou la victimisation.

Ainsi, il serait nécessaire de rajouter une autre matière dans le programme scolaire, celle de l’apprentissage de la communication relationnelle.

Pour en savoir plus :

http://www.j-salome.com/01-info/accueil.php

Lire : Heureux qui communique de Jacques Salomé aux Editions Pocket

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